le gnome's profileLes peuples, une fois ac...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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November 09 Off the wallJ'avais 15 ans quand, un soir de novembre 1989, en regardant distraitement la télé, j'ai découvert ces images, dont on nous rabat la casquette depuis quelques semaines, de cette paroi de béton qui tombait.
Rarement j'avais été aussi ému, pour ne pas dire bouleversé, et pendant des jours, des semaines, des mois, je chialais comme une madeleine à chaque fois qu'à nouveau je voyais cette invraissemblable frontière vomir son flot de gens épris d'une liberté dont on les avait privé depuis si longtemps. Les embrassades de membres de la même famille séparés de force, les courses éfreinées avec des landaus, les klaxon des Traban, tout concourrait à me faire adhérer à leur liesse incroyable. Le pot de terre gagnait contre le pot de fer, David contre Goliath, le peuple contre les dictateurs; enfin la justice apparaissait quelque part dans notre monde pourri.
![]() Puis les années passèrent, et la désillusion est évidemment apparue. Certes, les Est-allemands, les tchèques, et les autres reliquats du communisme européen échappaient aux répressions sanglantes, aux écoutes, aux tortures, aux privations, mais à quoi accédaient-ils finalement? On commence aujourd'hui à raconter sans honte que 80% des gens vivaient "normalement" en Allemagne de l'Est, et ce matin on pouvait lire qu'un tiers d'entre eux était nostalgique du communisme, aussi liberticide fut-il. La découverte du chômage, de la société de consommation -enivrante dans un premier temps, dramatiquement perverse ensuite- de l'exclusion et des autres maux du monde capitaliste fut déséspérante à la hauteur de ce que les émigrants du bloc de l'Est espéraient de l'autre côté de leur rideau de fer.
![]() Aujourd'hui, en revoyant toutes ces images, j'ai encore dans la gorge une boule d'enthousiasme ému, mais mes larmes sont retenues d'autant plus difficilement que je ne peux m'empêcher de partager la désillusion des "évadés" en voyant se gargariser de liberté les dirigeants actuels, Medvedev en tête, suivi de tous ses kobolds immondes que sont les Sarkozy, Berlusconi et consort. En voyant notre beau monde dévasté par la course à l'argent, la quête du profit, la course à la réussite, je me dis que nous nous sommes peut-être fourvoyés dans une impasse où, comme cela s'est passé à la fin de chaque "grande" civilisation, le changement ne se fera que par le sang, la peur ou la nécessité absolue des hommes poussés par la faim.
Pour protéger des regards de ceux qui n'avaient pas de billet le groupe -de merde- U2 qui commémorait pendant 30mn (montre en main) l'évènement germain dans la capitale réunifiée, on a dressé des murs de plusieurs mètres de haut tout autour du concert. La soupe musicale pré-digérée attirait trop le chalant, et ce n'est pas parce qu'on fête la liberté qui faut pour autant s'offrir à tous gratuitement. Bono (pas bo) et sa bande me dégoûtent, et les organisateurs tout autant; on célèbre l'ouverture avec un comité restreint de mélomanes acouphéniques.
Ce week-end, des tas de crétins décérébrés ont attendu jusqu'à 20H, couché dehors, fait des centaines de kilomètres dans le seul but d'être présents pour l'ouverture du premier Apple store de france.
Pour avoir un T-shirt.
Ou une souris.
Ca en dit long sur la nature des combats d'aujourd'hui...
![]() Bande de cons!
Ce n'est peut être pas une révolution qui nous fera sortir les doigts du cul, mais plutôt un cataclysme.
Et l'humain de redécouvrir qu'il n'est qu'un maillon de la nature, et que finalement les murs les plus opressants ne sont pas toujours ceux que l'on voit.
Oui, je sais, mais je suis de très mauvais poil...
(c'est pas une raison pour ne pas lire le billet précédent, apparemment presque personne ne l'a vu!) Comments (5)
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